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un autre vieil épisode en dit aussi long sur la dimension "spirituelle" (aussi paradoxal que ça puisse paraitre) de Perceval: celui ou tout le monde le croit mort. La mort présumée de son chevalier redonne á Arthur une nouvelle inspiration dans la quète du Graal. Mort, Perceval acquiert une noblesse superieure de guide spirituel....
mais quand il revient á la pale réalité de la vie, le mythe s'effondre: "laissez tomber ce que je vous ai dit, le Graal, c'est de la merde" conclut Arthur.

Perceval est l'archétype du "héro malgré lui", les plus beaux personnages...

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ouai, au final tout le monde est fan de perceval, ce ne serait que justice qu'il trouve (ou sois :) ) le graal.

Scribe et archiviste officiel
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Il ne peut pas etre le Graal!!!! Il est normalement acquis que le Graal servit autrefois a recueillir le sang du Christ (et allez essayer de le recueillir dans un Perceval vous! Je vous souhaite bien du courage!! Nan le bocal a anchois c'est encore la meilleure solution!)

Par contre effectivement, avec toutes les valeurs (car c'est ca qui est important :) ) que Perceval incarne en terme de loyaute, de generosite et de devotion (entre autres), il serait un elu parfait pour la decouverte du Graal.

Chevalier
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Pour ceux qui connaissent, Perceval qui serait le Graal ça me rappelle la série de jeux vidéo Legacy of Kain, Soul Reaver, où Raziel est l'épée... ;-)

Mais en effet comme Eilonwy, je vois mal comment on pourrait recueillir du sang avec Perceval, il est pas doué le type quand même !

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Mais c'est symboliiiiiiique les filles !!!

le Graal c'est la pureté a laquelle chaque homme doit aspirer... Au fond c'est la quete qui compte, pas la découverte (c'est vachement phiosophique ce que j'écris la)

parce que concrètement, pour incarner la "lumière pour tous les peuples", et la Vie éternelle en prime... ouais, un bocal á anchois, ça peut le faire á la rigueur...

Scribe et archiviste officiel
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pour moi je pense que le graal est la jarre que Loth offre a Arthur et que c'est perceval qui va s'en rendre compte qu'il s'agit du graal car dans la légende  arthurienne d'après chrétien ou monmouth Loth est un descendant D'arimathie:Le coup de la jarre pourrait amener une nombre de sketchs impressionant.

Scribe et archiviste officiel
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Sauf qu'au final je crois que je prefererais ne pas le voir le Graal... Faire une representation d'un objet ayant plutot un role de symbole ou voire une conception plus mythologique qu'autre chose ca me parait difficile... (meme si j'avoue que j'avais aime la representation simple coupe en bois dans Indiana Jones pour coller au cote "simple charpentier" de Joseph)

Scribe et archiviste officiel
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Bonjour,

Ca fait un moment que ca me trotte dans la tete, et je n'arrive pas à voir comment interpreter cette scene.

Doit on y voir l'importance grandissante de la Chretienté?

Il y a t'il un lien avec l'exceptionelle destinée?

Pourquoi Perceval, qui n'est jamais present dans les differents passages qui se passent juste apré les premieres messes au chateau?

Pourquoi Merlin est il present?

Est ce que ca vous parle, tout ca? ;)

Grand Enchanteur de l'Ouest
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Me semble qu'Alexandre Astier en parle dans une interview ou un making-of, mais aucune idée du quel :-/

Semi-Croustillant
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Pour moi ça a à voir avec sa destinée. Faut pas oublier que le Graal, c'est une mission divine, donc en rapport très étroit avec les/le Dieu(x). Du coup en étant baptisé il se rapproche de cette voix (bon en allant vers la chrétienté en effet) et va pouvoir être "digne" de trouver le Graal...

Désolé, en fait j'y réfléchis en même temps que j'écris :D

Croustillant
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Il me semble que dans certaines légendes Perceval est le premier chevalier à être baptisé, mais je suis pas sur.

Semi-Croustillant
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Déterrage !

Rien de bien transcendant à ajouter, mais je tiens à relever ce qui fait que je pense, moi aussi, que Perceval est amené à une apothéose exceptionnelle :

- Dans certaines versions de la légende, il est élevé à l'écart du monde par sa mère (ou grand-mère ?) afin de le préserver du sort qu'ont connu les autres hommes de la famille. Chevaliers, ils sont morts en tournois. Il n'a donc aucune éducation militaire, ce qui ne l'empêche pas de décider de devenir chevalier un jour  où il rencontre un groupe de chevaliers pendant qu'il chasse. Ces derniers se moquent de lui, car il ignore leur rang et les prend au premier abord pour des anges. Ils l'invitent à la cour du roi Arthur, mais par moquerie, et malgré ce, Perceval s'y rend.
Il rencontre en chemin un chevalier vilain quelconque, le tue pour lui prendre son armure, puisque les autres lui ont dit qu'il devait venir armé en chevalier pour être adoubé ; le texte insiste sur le fait qu'il n'y connaît vraiment rien, puisqu'il ignore comment retirer l'armure au chevalier abattu et qu'il le fait cuire, pensant pouvoir lui enlever sa carapace comme sur un homard...

Rien que dans cette partie, je trouve le Perceval de Kaamelott très proche de cette vision : il est ignorant des choses de l'amour la chevalerie, élevé de manière simple, c'est un cœur pur, un grand naïf que les autres tournent en dérision en le prenant pour un idiot, ce qu'il n'est pas.

- Dans cette même version, très christianisée, c'est Perceval qui, le premier, trouve le Graal ; Lors d'un de ses périples, il découvre un château qu'il n'avait jamais vu avant, entre, est pris en charge par de très jeunes et jolies filles, qui ne lui parlent pas. Le soir, il rejoint la salle de banquet où le très vieux seigneur du château trône au milieux de chevaliers (encore un vieux ? Oui, mais un vieux très mystérieux, au final :p), et Perceval est intrigué par le fait qu'aucune nourriture n'est visible sur la table. La vaisselle est riche, mais les plats sont vides. Les gens restent silencieux, et soudain (moutacoup !) les jeunes filles entrent, portant respectivement une lance sanglante, un plat et une coupe. Des voix célestes se font entendre, personne ne semble surpris.
Les jeunes filles traversent la salle en procession et les plats et coupes des convives se remplissent miraculeusement. Le seigneur et ses gens observent Perceval, qui sent qu'ils attendent quelque chose de lui ; il aimerait demander pourquoi ce rituel, mais n'ose pas, se souvenant des moqueries dont il a fait l'objet quand il a posé des questions aux chevaliers au tout début de l'histoire (cf plus haut). Il reste donc silencieux.

Au cours d'un rêve la nuit même, le vieux seigneur lui apparaît, lui explique qu'il est le Roi-Pêcheur, son grand-père et le gardien du Graal, et que Perceval aurait dû demander ce qu'était la coupe. Le vieil homme aurait alors pu lui répondre, et lui transférer son rôle.

Au réveil, le château a disparu et Perceval est seul en pleine nature. Il cherchera longtemps à retrouver le château, en vain, jusqu'à y parvenir des années plus tard avec Gauvain et Galaad. (Ce dernier posera la question lors du repas, sera touché par la grâce et emporté vivant au ciel par les anges, en compagnie du Graal. Perceval et Gauvain retourneront à la cour d'Arthur narrer la fin de l'aventure, qui précédera de peu le décès du roi).

Pour moi, le baptême de Perceval dans Kaamelott fait écho à cette version : Il est le seul auprès duquel est pratiqué ce rite de façon explicite, la scène est longue et majestueuse, le plaçant dans la situation de chevalier-oint, ce à quoi aucun autre ne peut prétendre. Il rejoint ainsi Arthur dans les rangs des élus, des choisis.

Notre bon bougre de Perceval, montré souvent comme capable de grandes choses mais aussi sûr de passer pour un con s'il l'ouvre, est finalement très proche de celui de mon souvenir. Dans cette version de la légende il était en mesure de devenir gardien du Graal, un élu, donc, et échoue par timidité et peur d'être raillé !

En un sens, je crois que Perceval est amené à induire la découverte du Graal, sans forcément pouvoir le rapporter, même si ma tendresse pour ce personnage riche me pousse à souhaiter qu'il le trouve et le ramène...

Quoi qu'il en soit, ce personnage subit un traitement tout particulier de la part de son auteur. Il est passé au fil des saisons de simple ressort comique au statut de sage (bien qu'inconscient de l'être et incompris de ses contemporains) et ses valeurs humaines sont, au final, l'essence même de la chevalerie telle qu'Arthur s'efforce de l'inculquer à ceux qui l'entourent.

Et même si ça n'a rien à voir, je ne peux m'empêcher, pour conclure, de citer le Cyrano de Rostand :
"-Christian : Las, je suis sot à m'en tuer de honte !
-Cyrano : Mais non tu ne l'es pas, puisque tu t'en rend compte !"

Chevalière Parodisiaque
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Oh putain, mais j'étais en train de lire, moi, pis voilà réunion ! coupure ! Ah c'est osé !
:fete:

Non, pour de vrai, ça m'intéresse, ce que tu dis parce que je ne connaissais pas ce Perceval là, du moins, ce point d'innocence extrême ;)

Croustillant
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Je profite du déterrage pour rebondir sur la question du baptême et de sa signification, tiens ; le tout agrémenté d'une réflexion sur la religion dans Kaamelott, sa place dans le récit et son intrigue et son importance - probable - dans l'ultime fragment de la saga.

Effectivement, le baptême de Perceval survient à un moment inattendu; sans crier gare même, car rien chez Perceval n'indique un intérêt particulier pour la croyance chrétienne - ou la croyance en général, d'ailleurs - et l'événement en soi parait étrangement situé (juste après la destruction du camp de Lancelot et la récupération de Guenièvre). Alors effectivement, au moment du récit est déjà en phase de christianisation depuis plusieurs années, et on peut imaginer qu'une large partie de la classe dirigeante - nobles, chevaliers, cour royale - s'est déjà convertie en signe de dévotion à cette fameuse quête du graal qui est supposément au coeur de l'union celte. En cela, si il sort de derrière les fagots, le baptême de Perceval n'est pas pour autant incohérent - disons que ça pêche un peu au niveau du timing… L'aspect purement narratif de la chose parait décousu.

Si on regarde d'un côté symbolique, on trouve déjà beaucoup plus de sens derrière cette conversion impromptue. Le baptême survient en toute fin de récit, parallèlement au premier face-à-face entre Lancelot et Méléagant, et reprend ainsi la signification de tous ces récits chrétiens qui aboutissent sur un baptême pour clore l'histoire sur le triomphe du Christ. Le baptême c'est une renaissance, une purification, un nouveau départ; en baptisant Perceval le naïf, Perceval l'enfant, on consacre les premiers instants d'un monde devenu - ou on que l'on veut voir comme étant - résolument chrétien. Aussi, on s'attend à pénétrer dans un nouveau monde placé sous le signe de la croix. Mais comme chacun sait, le Livre IV ne s'achève pas tant sur une renaissance par les eaux, que sur une note sinistre qui annonce la longue agonie du royaume qui est racontée dans le Livre V. En cela, le baptême envoie de faux signaux; on veut croire - tout comme Arthur veut croire - que les choses vont s'arranger à partir de là, et qu'en avançant sur le chemin chrétien, le royaume va retrouver la paix. Loin de s'arracher à la tourmente, Kaamelott tombe dans la nuit et l'hiver, et sombre dans les ténèbres.

Qu'il est curieux et immensément symbolique, que la rencontre Lancelot/Méléagant ait lieu en parallèle avec le baptême de Perceval. En fait, ces deux scènes sont chacune l'exact opposé de l'autre - ou plutôt des reflets inversés… On oppose Lancelot à Perceval, le vieux briscard à la fois désabusé et fou de grandeurs, et le jeune naïf fort modeste, qui font chacun une allégeance de leur côté. Aussi, alors que Perceval est baptisé dans les eaux, Lancelot qui gît sur le tapis de feuilles morts (et qui étrangement, paraît flotter, comme s'il était à la dérive dans un grand lac) vit à travers sa rencontre avec Méléagant, son propre baptême noir… Le fait que ces deux scènes se passent simultanément me pousse à spéculer davantage sur le message profond suggéré par la narration: ces deux baptêmes consécutifs sont effectivement les symboles d'un basculement dans un monde plus chrétien, qui dissout l'atmosphère connue jusqu'alors et instaure une bipolarité très marquée: le noir et le blanc; le mal et le bien; la lumière et et la nuit; Dieu et le Diable. L'apparition de Méléagant à cet instant, et sa main tendue à Lancelot font de lui l'épitomé du personnage Mephistophélien, avec qui le chevalier au lac passe un pacte faustien. On est rentré dans la dialectique du mal et du bien, car pour la première fois et en dépit de l'omniprésence du culte depuis le début de la série, Kaamelott est rentré dans une mentalité chrétienne.

L'univers champêtre et plus gai, et surtout résolument différent, du culte païen celte s'éclipse devant cet avénement du Christianisme qui s'illustre dans cette lutte contre le mal qu'un Arthur toujours plus torturé peine à gagner - les vieilles idoles, "les vieilleries celtiques" sont remisées, avec le départ de Merlin au début du livre V, et l'abandon d'Excalibur et de sa signification. Méléagant, cette entité malfaisante et tentatrice, sabotant pour saboter, c'est la seconde face de cette unique pièce qu'est ce monde Chrétien, le Diable, le mal absolu étranger à l'univers païen, et qui se réclame justement d'un autre panthéon, confirmant le passage d'une époque et l'avènement d'un nouvel ordre divin.

Vala vala pour l'instant ! C'était ma petite réflexion à l'heure du casse-dalle.

Semi-Croustillant
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J'ai fini la mienne, et édité en conséquence !

Comme quoi, il reste beaucoup à dire sur ce baptême ;) Je te rejoins, Avalon, sur cette dualité et sur le sens de ces deux renaissances.
Perceval en incarnation de la rédemption, c'est balèze quand même ! Mais même si le royaume sombre dans une phase chaotique à l'issue de ce livre, je ne désespère pas : Perceval peut sauver le monde ! (laissez moi rêver bouh !)

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