C’est par cette phrase qu’Alexandre Astier, qui était hier soir l’invité de l’émission Des clics et des claques sur Europe 1, répond à la frustration des fans quant à la lenteur du retour de Kaamelott. Un commentaire bienvenu dans cette période ou beaucoup de questions demeurent en suspend pour la suite de la série : ça arrive, et ça va être du lourd, dixit le roi en chair et en personne.
On parle de plusieurs choses dans cette émission, pas forcément toutes en rapport avec Kaamelott : on apprend notamment que le roi Arthur ne suit pas du tout l’actualité et ne s’intéresse pas réellement à la politique. Mais Alexandre Astier était surtout là pour parler de Kaamelott et de la sixième bande dessinée, Le Duel des Mages, en conséquence ce qui suit risque de dévoiler certains détails du tome sus-ci-nommé. Morceaux choisis :
Le Duel des Mages, un Merlin bon à rien ?
« Ce qui est une surprise pour les afficionados de Kaamelott, c’est que Merlin sait faire des choses. On partait du principe avant cette BD qu’il ne savait rien faire ; il ne sait pas “rien faire” : il est très inefficace, très désordonné, et souvent il fait pas le bon truc, mais ça ne veut pas dire qu’il n’a aucun pouvoir. »
À propos d’une réplique de la bande dessinée, « Est-ce que vous avez prévu une collation ? »
« C’est un petit réflexe que j’ai de ramener l’épique et le médiéval-fantastique au quotidien. C’est-à-dire que je n’oublie jamais que les gens doivent manger, je n’oublie jamais dans une réunion de Kaamelott qu’il y en a certainement qui roupille ou qui n’a pas compris ce qu’on a dit… J’essaie de rendre ça humain. Ok, on peut faire de la magie, des concours de sortilèges, mais on oublie pas de bouffer. »
Ça fait quoi d’être le créateur d’un gimmick comme « C’est pas faux » ?
« C’est hyper touchant ! Moi déjà je viens du théâtre, en deux mots pour moi la grande frustration du monde de la télévision c’est de ne rencontrer jamais personne. Et c’est vrai que c’est dur, parce qu’on vous annonce le lendemain que trois, quatre, cinq millions de personnes ont regardé votre truc, vous étiez tout seul quand ça s’est passé… La scène est bien loin ! En revanche quand un gamin vient me demander un autographe ou un truc comme ça, et qu’il me lance les répliques, y a toute la raison pour laquelle je fais ce métier qui revient d’un coup. J’en ai besoin. »
Avez-vous des scrupules à laisser des milliers peut-être des millions de fans frustrés avec cette fin ouverte dans la série ?
« Non, parce que vu ce que je leur prépare, je pense que je tiens ma place. Et c’est pas grave, ils peuvent être frustrés un petit moment. »
On apprend deux ou trois autres détails, notamment qu’Alexandre Astier est aussi le réalisateur de la pub pour World of Warcraft dans laquelle il a joué voici quelques années. Les animateurs ont eu l’air de découvrir l’aspect familial de Kaamelott, qu’Astier relativise comme toujours puisque sur cent vingt personnages de Kaamelott, six seulement sont plus ou moins de sa famille, et le côté geek du roi qu’il a détaillé un peu plus. Dernier extrait :
Le médiéval avec Kaamelott, le fantastique avec Hero Corp, est-ce que ça ne vous désole pas de voir que les fictions comiques qui marchent à la télé sont au contraire des série sur la vie quotidienne des gens, comme Fais pas ci fais pas ça, Scènes de ménage, etc ?
« Il n’y a pas de mauvais sujet, la preuve est que les deux ont cohabité, donc tout va bien. Je précise un truc sur la liberté des auteurs. Je crois qu’un auteur, pour qu’il signe son œuvre, il faut lui laisser faire ses erreurs, il faut qu’il puisse avoir des défauts. La très bonne volonté des chaines, et au cinéma c’est pareil, c’est de vouloir gommer les défauts, avec beaucoup de bienveillance ; le problème est qu’il faut les laisser. Ça parait dingue, mais il faut laisser quelqu’un se tromper, il ne faut pas qu’on soit trop américain, on ne peut pas écrire à quinze ou à vingt, on ne sait pas encore le faire. Il faut prendre ça avec beaucoup d’humilité, et il faut continuer à ce qu’un mec signe ses trucs, et le laisser les signer. »
L’émission est ré-écoutable en podcast : Alexandre Astier dans Des cliques et des claques
Et pour ceux qui liraient cet article avant 8h30 ce matin, Alexandre Astier sera en direct sur Virgin Radio. Deux adresses pour écouter en direct sur le Net : ici (à ouvrir avec VLC, marche à coup sûr) et là (à ouvrir avec votre navigateur web, pas testé). C’est assez difficilement supportable comme émission et personnellement, je souffre, mais j’écouterai pour vous en faire un compte-rendu ! Si c’est pas du dévouement, ça…